Malgré les petits pas du gouvernement, LFI prépare la « bataille générale » pour la rentrée - Le Monde
La rentrée ? « Ça va être la bataille générale, il n’y a pas d’arrangement possible avec nous, ni arrangement, ni concession », lançait Jean-Luc Mélenchon, vendredi 26 août, à Valence, où se tenaient les journées d’été (les « AMFIS ») de La France insoumise (LFI). Simultanément, pourtant, le débat avec la Macronie s’est organisé, trois jours durant, dans une ambiance parfois policée. Une succession de gestes d’apaisement qui a culminé, samedi, avec les annonces de la première ministre, Elisabeth Borne, reprenant le vocabulaire des « insoumis » pour évoquer, pourquoi pas, la possibilité de taxer les « superprofits » des multinationales.
Après une campagne législative centrée sur la diabolisation des députés LFI, de la Nupes et de Jean-Luc Mélenchon, trois ministres du gouvernement de Mme Borne avaient fait le déplacement aux journées d’été des « insoumis », Marlène Schiappa (économie sociale et solidaire), Clément Beaune (transports), Olivia Grégoire (PME, commerce et tourisme). « Nous avons des points d’accord, notamment sur le combat à mener contre l’extrême droite et ses idées », concluait Marlène Schiappa à l’issue de son débat sur la laïcité avec le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.
Entre Clément Beaune et la députée européenne Manon Aubry, débat cordial également, l’un préférant le « rapport de force » pour influencer la prise de décision européenne, l’autre la désobéissance. De quoi réintégrer, un moment, « insoumis » et macronistes dans un même camp républicain.
Mais tous les sujets ne se prêtent pas à l’apaisement. Lors d’un débat sur la vie chère, samedi, Olivia Grégoire a été copieusement huée alors qu’elle martelait que oui, le revenu réel des Français avait augmenté. « Si les prix sont bloqués, la France n’est pas une île, on va avoir de la pénurie, des files d’attente », a-t-elle lancé à Adrien Quatennens.
Contre la « modération salariale » défendue par le gouvernement, le député « insoumis » du Nord a eu la salle avec lui. Vu l’auditoire, les phrases de la ministre ont sonné comme des provocations : « Que les dividendes augmentent dans nos pays, c’est une bonne nouvelle, ça veut dire que nos entreprises se portent bien ! », a-t-elle dit. « Le camp du capital mène formidablement bien sa lutte, et il a avec ce gouvernement un allié de circonstance », lui a répondu Adrien Quatennens. Deux visions irréconciliables, incarnées par des débatteurs solides dont aucun n’a bougé d’un pouce.
« Créer un rapport de force »
Dans la soirée de samedi pourtant, les annonces d’Elisabeth Borne au Parisien sont tombées : la première ministre ne « ferme pas la porte » à une taxe sur les superprofits alors que les députés de la coalition présidentielle s’y étaient opposés à l’Assemblée nationale, en juillet. Depuis le début de leurs journées d’été, « insoumis » et socialistes rivalisent d’initiatives sur ce point. Contesté par certains au PS pour avoir « affaibli l’identité » socialiste en s’alliant avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure a pris les devants en proposant aux parlementaires de la Nupes un référendum d’initiative partagée sur la taxation des superprofits.
Il vous reste 49.05% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
from France - Dernières infos - Google Actualités https://ift.tt/dTOpnKl
via IFTTT
Commentaires
Enregistrer un commentaire